fine arts and literature

propellergirl & other political works

PropellerGirl against reality

2004-2005, acrylics on canvas and digital print on dibond, 4 * 200 x 100 cm

A large conceptual artwork combining a painting with a printed image.

When I started thinking about this project, my intention was to make a simple, single painting of a flower, albeit a colorful one, huge and extremely detailed, by combining a posterization and a grid to determine closed color zones, in the same ‘painting by number’ fashion already used for the “Mapplethorpe” study.

I had hoped to prove that I was capable of creating something that would not be based as much on pain and suffering, following criticism from friends and foes alike regarding works such as "Good Science" or "It’s a Conceptual World".

 

Unfortunately, an image from Gilles Peress’ terrifying book "The Silence", almost immediately imposed itself on me as the perfect, obvious, unavoidable counterpoint to this gorgeous flower, so full of sun, life and enthusiasm. That photograph, taken in Ruanda in 1994 shows a group of rotting corpses on the ground. At this point in my life, I was unable to not establish that balance, to not defer to reality.

 

So I imagined a fairy, flying from one image to the other, fighting life with a little art and a lot of magic, transforming it into this colorful intellectual construct. Perhaps to remain coherent with my previous experiment combining painting and printing, in the "Mapplethorpe" project, I wanted to keep the photograph at the right of the painting. This created the problem of the reading direction, that would eventuyally become the pivot of this work.

To solve this problem, I imagined using a character drawn in a manga style, complete with big kawaii  eyes, to give it the appearance of something coming from Japan. And to seal the deal, I added a translation of the title in Japanese, floating vertically at right over the photograph, in a fairly cheesy neon/3D style.

 

That way, I was able to infer the initial meaning: a super-heroin, transforming some dreadful reality into innocent and eye-pleasing art, while retaining my fundamental belief (as an occidental who reads from the left to the right) that art has no power to change our lives, that while we boast and strut and paint "Guernica", the killing goes on.

 

I was unable to reach Gilles Peress about obtaining the rights to use his image. Fortunately, among the other war photographers that covered the Ruanda war, Simon Norfolk kindly granted me the right to use one of his own photos and provided me with a high quality file. It turned out to be even better suited to my purpose. It’s a slightly less disturbing image for one thing, but also because the corpse is lying in a smattering of small vegetation that echo my large painted flower.

 

Grateful acknowledgements : Frédéric Boilet and his wife for the translation of the title to Japanese, Cédric Trojani for creating the 3D model of the katakana, and of course Simon Norfolk for his photo, excerpted from his book “For most of it I have no words”.

Au départ, dans la phase de réflexion préparatoire au projet, j’envisageais de faire une simple peinture de fleur, très colorée, en réutilisant ma technique de morcellisation via isohélie et quadrillage. Le but était de montrer que j’étais capable de faire des œuvres qui ne soient pas sinistres, sanguinolentes et hantées par la violence du monde, comme « Good Science » ou « It's a conceptual world ».

 

Malheureusement, une photo de charnier au Rwanda, prise par Gilles Peress en 1994, s'est presque immédiatement imposée à moi comme l'incontournable contrepoints de cette fleur magnifique, si pleine de soleil, de vie et d'enthousiasme. À ce moment-là de ma vie, j'étais incapable de ne pas renvoyer l’une à l’autre, de ne pas rétablir l'équilibre avec la réalité.

 

J’ai donc imaginé une fée, volant du charnier vers la fleur, transformant d'un mouvement de baguette le réel en de l'art. Peut-être pour rester cohérent avec ma première expérimentation de combinaison de peinture avec une photographie, je souhaitais conserver la photo à droite, mais cela entraînait un problème de sens de lecture, qui est en fin de compte devenu le pivot de l'œuvre.

Pour résoudre ce problème, j'ai imaginé de traiter ce personnage dans le style manga, avec de grands yeux, pour lui donner l'apparence d'une réalisation venue du Japon. Et pour que cela soit bien clair, j'ai ajouté la traduction en japonais du titre, traitée en 3D et suspendue verticalement sur la droite de la photo, comme une enseigne au néon.

 

Ceci m'a permis d'obtenir l'effet initialement souhaité : la super-héroïne transforme la sinistre réalité en de l'art, tout en conservant mon idée fondamentale, en lisant de gauche à droite, que l'art reste impuissant à influencer le réel, que quoiqu'on fasse, les abrutis massacrent à tour de bas.

 

Je n’ai pas réussi à entrer en contact avec Gilles Peress pour obtenir le droit d'utiliser son image. Heureusement, parmi les photographes ayant couvert le Rwanda à cette époque, Simon Norfolk a gentiment accepté de me laisser utiliser une de ses images. Elle s'est avérée encore plus adaptée à mon projet, d'abord parce qu'elle était moins horrible, mais aussi parce que le cadavre gît dans un lit de végétation qui renvoie directement à la fleur de la peinture.

 

Cette œuvre a donc été réalisée avec l’aide de Frédéric Boilet et sa femme pour la traduction de PropellerGirl en « fille à hélice », de Cédric Trojani pour le passage des katakana en 3D haut de gamme, et bien sûr de Simon Norfolk pour sa photo, extraite de son livre « For most of it I have no words ». Merci à eux.

PropellerGirl contre le club des dictateurs

2007-2008, acrylics on canvas, 2 * 200 x 100 cm

A large painting that should have contained a sculpture but never did.

This painting sees my superheroin/fairy PropellerGirl trying to fight a "dictators’ club", here embodied by a large portrait of Kim Jong Il.

 

To materialize the challenge she would have to face, she was supposed to be sculpted, small as a fly, hovering in front of him and sending towards the impassive potentate a seemingly inefficient ray of magic. But I never did create the sculpture and the painting was abandoned (along with plenty of others) to a dismissive amateur.

Cette grande œuvre oppose PropellerGirl à un « club des dictateurs », incarné par un grand portrait de Kim Jong Il.

 

Pour matérialiser la difficulté de la tâche, la fée devait apparaître sous la forme d'une sculpture, minuscule face à l’impassible potentat, pointant vers son cœur un rayon apparemment sans grand effet. Mais je n'ai jamais réalisé la sculpture, et la toile a été abandonnée (ainsi que de nombreuses autres) à un amateur sans mémoire.

PropellerGirl contre les responsables du malheur

2011-2012, acrylics on canvas, stripled backlighting, recording, 4 * 150 x 150 cm

A very large painting about a manga fairy fighting a bunch of assholes and murderers with art.

In this large work, PropellerGirl is taking on a bunch of bastards of various. The title makes a reference to those that are responsible for the unhappiness, a recurring meme in French writer Antoine Volodine's book "Écrivains" (Writers). The author also allowed me to make a recording of one of the texts inside the book : "Discours aux nomades et aux morts" (Speech for the nomads and the dead) and have it played in a loop alongside the painting when it was shown. Lastly, the painting should be displayed inside a darkened room with only an unusual and improper lighting (leds circling the back of the painting).

Voice recording by actress Soazig Oligo ; Recording and mixing by sound engineers Eliott Hosansky, Alexis Marzin and Carolina Santana.

Dans cette grande œuvre mettant en scène PropellerGirl, l'héroïne s’attaque sans discrimination aux « Responsables du Malheur », formulation directement extraite du livre « Écrivains » d’Antoine Volodine (Seuil). Outre cette référence dans le titre, l'auteur m'a donné l'autorisation d'enregistrer un des textes de son recueil, « Discours aux nomades et aux morts » et de diffuser cet enregistrement lors de la présentation de l'œuvre.

Pour finir, l'œuvre doit être présentée dans une pièce sombre, avec pour seul éclairage un ruban de leds monté au dos des toiles.

Voix : Soazig Oligo, comédienne ; prise de son et  mixage : Eliott Hosansky, Alexis Marzin et Carolina Santana, ingénieurs du son.

It's a conceptual world

2000-2001, acrylics on canvas and digital print on dibond, 150 x 300 cm

A large combination of a painting and a digital print

"It’s a conceptual world" is made of a painting and a digital print of the same size, split in 4 smaller squares (technology at the time didn’t allow for prints at this size). These four parts are bolted to a frame at back with visible acorn nuts, with the intention to add a further measure of violence to this work.

 

Of course, the title is ironic, because there is little concept to be found in the photograph of a kid with his head severed, somewhere in Indonesia, the flip side of a painting that shows an écorché of a neck, copied from a XIXth century medical atlas.

Dans le prolongement d’autres œuvres comme « 4 studies after Robert Mapplethorpe’s "Man in Polyester Suit" (1980) : the 4th painting », cette œuvre est une réflexion conceptuelle sur l’art contemporain, et dans le même temps utilise la propre matière qu’elle critique. L’opposition entre technique traditionnelle, peinture sur toile sur châssis, représentant un écorché de cou tiré d’un atlas médical du XIXe, et le tirage numérique d’une photographie piquée sur internet, se double évidemment de l’opposition (la contradiction ?) entre l’œuvre d’art et ce qu’elle montre, à savoir un enfant à la tête tranchée lors d’un massacre ordinaire à Sampit, Indonésie.

 

Dans quel sens une œuvre comme celle-ci est-elle le plus politique ? Est-ce davantage une critique du cocon de l’art (plus particulièrement l’art purement intellectuel), une critique des médias qui trouvent leur aboutissement commercial dans un acharnement apparemment toujours plus grand à transmettre sans réfléxion, ou encore un cri de désespoir basique contre l’absurdité des pouvoirs, de toute croyance, en bref de la vie-même ?

Good science

2000-2003, acrylics on canvas and digital print on dibond, 150 x 300 cm

A large painting and digital print about science.

Good Science is a sequel to « It’s a conceptual world ». The dimensions and principles are identical, but this time the focus of the work is on science : scientists of some ilk have sawed off the top of the skull of a living monkey imprisoned in a Perspex cage and have connected electrodes straight into its brain.

 

The painting is a combination of a reproduction of part of a panel of the famous “La Marque Jaune” comic book by Edgar P. Jacobs, depicting the mad scientist Septimus, and of abstract and superimposed spirals, which make the drawing almost impossible to read.

 

This makes use of bad taste and horror, and questions what one is willing to accept, both in art and life. Not a new debate, I know, but still interesting.

Il s’agit, encore une fois, de confronter l’art et la vie, d’opposer la peinture/couleur avec la photo. Ici, le savant fou Septimus, extrait de « La Marque Jaune », aventure de Blake et Mortimer par Edgar P. Jacobs, vient en trame derrière une spirale de couleurs. Il est en quelque sorte caché par l’art (ou du moins par la peinture), et est opposé à un pauvre singe victime de véritables savants fous.

 

Comme pour « It’s a conceptual world », cette œuvre flirte avec le mauvais goût et l’horreur. Elle pose aussi la question de ce qu’on accepte, à la fois en tant qu’art et en tant qu’image. Le débat n’est pas neuf, mais il est toujours d’actualité.

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A large conceptual artwork combining a painting with a printed image.
A large painting that should have contained a sculpture but never did.
A very large painting about a manga fairy fighting a bunch of assholes and murderers with art.
A large combination of a painting and a digital print
A large painting and digital print about science.
A large conceptual artwork combining a painting with a printed image.
A large painting that should have contained a sculpture but never did.
A very large painting about a manga fairy fighting a bunch of assholes and murderers with art.
A large combination of a painting and a digital print
A large painting and digital print about science.